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Le vitiligo, ça se soigne

 
Le vitiligo, une maladie qui entraîne une dépigmentation de la peau, n’est ni infectieux, ni contagieux, ni (physiquement) douloureux. Il a néanmoins d’importantes répercussions psychologiques car les personnes qui en sont atteintes souffrent souvent du regard des autres. Bonne nouvelle : il existe des traitements adaptés. 

Le vitiligo, comment ça marche ?

Le vitiligo – maladie auto-immune qui se manifeste par l’apparition de taches blanches sur l’épiderme – concerne environ 1 à 2 % de la population française, soit 600 000 à 1,2 million de personnes. Bien qu’assez répandu, il reste mal connu et suscite encore beaucoup d’idées fausses. « De nombreux médecins, y compris des dermatologues, pensent, à tort, que la cause est psychologique, observe Thierry Passeron, professeur de dermatologie, chef de service du CHU de Nice et directeur d’une équipe Inserm de recherche sur le vitiligo et le mélanome. Or c’est une vraie pathologie. » Le vitiligo est en effet lié à une anomalie du système immunitaire : les lymphocytes, des globules blancs chargés de défendre l’organisme contre les agressions infectieuses, vont « se tromper » et prendre pour cible les mélanocytes, cellules responsables de la pigmentation de la peau. Les cheveux et les poils peuvent eux aussi devenir blancs. Il arrive également (dans moins de 20 % des cas) que le système immunitaire attaque la thyroïde. C’est la raison pour laquelle un bilan et une recherche d’anticorps contre la thyroïde sont recommandés. « Chez un patient sur deux, cette affection débute avant l’âge de 20 ans et elle peut apparaître au cours de la petite enfance, explique Thierry Passeron, qui précise que « ce n’est pas une maladie héréditaire, même s’il existe des prédispositions génétiques qui font que l’on peut avoir une susceptibilité à la développer ou pas. Le risque de transmission d’un parent à l’enfant, par exemple, est d’environ 5 à 8 %, ce qui n’est pas si élevé au regard du 1 à 2 % de risque estimé dans la population générale. »
On distingue deux grands types de vitiligo : 
Le vitiligo généralisé, le plus répandu. Les taches sont plus ou moins symétriques et évoluent au fil du temps. 
Le vitiligo segmentaire, le moins fréquent. Peu évolutif, il touche de façon unilatérale une seule partie du corps et se limite à une zone du visage, du tronc ou des membres.

Une maladie difficile à vivre

Si cette maladie ne retentit pas sur l’espérance de vie, elle a cependant un très fort impact sur la qualité de vie de ceux qui en sont victimes. Dans certains pays, ils sont même parfois mis au ban de la société. Hormis les préjugés qui stigmatisent les patients, la localisation et l’ampleur des taches blanches peuvent engendrer un mal-être important. « Une dépigmentation au niveau des organes génitaux peut être très difficile à vivre pour des jeunes garçons, notamment à l’adolescence », souligne le professeur Passeron, qui poursuit : « C’est insupportable de s’entendre dire que cela est dû à un état de stress psychique. Cela culpabilise inutilement les patients et leur ôte tout espoir de pouvoir guérir. » Autre idée fausse : le vitiligo ne favorise pas le cancer de la peau, c’est même le contraire. « On sait de façon certaine, depuis 2013, que les personnes qui en sont atteintes présentent moins de risques de faire un mélanome », confirme le dermatologue. L’exposition au soleil est d’ailleurs une composante essentielle de la thérapie : « Si l’on veut repigmenter les zones de peau décolorées, ajoute-t-il, il faut les exposer aux UVB, soit avec la lumière du soleil, d’avril à octobre, soit avec des séances de photothérapie en cabine de dermatologie. » A ne pas confondre avec des séances en cabine de bronzage chez une esthéticienne, car ces dernières dispensent des UVA, extrêmement nocifs pour la peau.

Des traitements efficaces

On ne peut pas prédire son apparition, ni son évolution. Si l’on constate une poussée de vitiligo, il faut consulter en urgence afin de freiner sa progression. Pour poser son diagnostic, le dermatologue utilise la lumière de Wood, une lumière bleue qui fait ressortir les régions cutanées d’où les mélanocytes ont disparu (les mains, les pieds et le visage sont les zones les plus touchées mais toutes les parties du corps peuvent être concernées). Sa physiopathologie est maintenant très bien connue et il existe des prises en charge efficaces qui diffèrent selon les types de vitiligo. La réponse au traitement dépend surtout de la localisation des taches blanches. « Actuellement, on obtient une repigmentation sept à huit fois sur dix sur le visage, une fois sur deux sur le corps, assure le spécialiste. Les parties les plus récalcitrantes sont les mains et les pieds. » Le traitement de référence (initié par Thierry Passeron) consiste à combiner des séances de photothérapie avec l’application d’une crème : un dermocorticoïde pour le corps ; une pommade à base de Tacrolimus – un immunodépresseur non remboursé par l’Assurance maladie dans le cadre du vitiligo – pour le visage. Il est important de noter que la repigmentation prend du temps. Il faut en général compter entre six et vingt-quatre mois de soins, avec une réévaluation tous les six mois. 
En cas d’échec, on se tournera vers les essais thérapeutiques qui commencent enfin à être développés pour le vitiligo. « Une crème ciblant une voie spécifique de l’immunité du vitiligo a déjà été évaluée dans une phase 2, indique le professeur. Elle donne d’excellents résultats et va passer en phase 3. Ce sera très probablement le premier traitement remboursé, ce qui représente un énorme progrès. D’autres traitements, notamment par voie générale vont bientôt être testés notamment pour les formes étendues. Quant à la greffe de mélanocytes, indiquée surtout pour les cas de vitiligo segmentaire, elle réussit huit fois sur dix », souligne-t-il.
 
Catherine Chausseray, France Mutualité n°603

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