Paracétamol : comment bien l’utiliser ?

Santé Paracétamol : comment bien l’utiliser ?

Paracétamol : comment bien l’utiliser ?

| 5 min de lecture

En bref : le paracétamol est un antidouleur et un antipyrétique (médicament contre la fièvre) disponible sans ordonnance. Il agit en bloquant la production de prostaglandines, des substances impliquées dans la douleur et la fièvre. Il est généralement bien toléré, mais un surdosage peut entraîner des lésions hépatiques graves. Respecter la posologie et éviter les associations avec d’autres médicaments contenant du paracétamol est essentiel.

Comment fonctionne le paracétamol ?

Le paracétamol, commercialisé en France sous le nom Doliprane, est un médicament aux propriétés antalgiques (contre la douleur) et antipyrétiques (contre la fièvre). Contrairement aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène, il n’a pas d’effet anti-inflammatoire significatif.

Son mécanisme d’action n’est pas entièrement élucidé, mais il agit principalement au niveau du système nerveux central. Il bloque la production de prostaglandines, des substances chimiques impliquées dans la transmission de la douleur et la régulation de la température corporelle. À la différence des AINS, il n’irrite pas la muqueuse de l’estomac, ce qui en fait un médicament mieux toléré pour les personnes sensibles.

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Dans quels cas prendre du paracétamol ?

Le paracétamol est indiqué pour soulager les douleurs légères à modérées, telles que :

  • Les maux de tête
  • Les douleurs dentaires
  • Les douleurs musculaires ou articulaires (courbatures, rhumatismes)
  • Les douleurs menstruelles
  • La fièvre (en cas de grippe, rhume ou infection)
  • Il est également souvent recommandé pour les personnes qui ne peuvent pas prendre d’anti-inflammatoires, comme les femmes enceintes (sous contrôle médical), les personnes souffrant d’ulcères gastriques ou celles sous traitement anticoagulant.

À noter : le paracétamol ne traite pas la cause de la douleur ou de la fièvre, mais il en soulage les symptômes. Si les symptômes persistent au-delà de 3 jours (ou 5 jours pour un enfant), consultez un médecin.

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Risques et effets secondaires du paracétamol

Bien qu’il soit considéré comme sûr lorsqu’il est correctement utilisé, le paracétamol reste un médicament qu’il faut utiliser avec précaution.
Le principal risque lié au paracétamol est le surdosage, qui peut entraîner des lésions graves du foie. En France, le paracétamol est la première cause de greffe hépatique d’origine médicamenteuse. Le foie métabolise le paracétamol, et en cas de prise excessive, il produit une substance toxique (le NAPQI) qui peut détruire les cellules hépatiques. La dose maximale à ne pas recommandée est de :

  • 3 g par jour pour un adulte de plus de 50 kg (soit 6 comprimés de 500 mg), répartis en prises espacées d’au moins 4 heures.
  • 2 g par jour maximum pour les personnes fragiles (poids inférieur à 50 kg, insuffisance hépatique, malnutrition, alcoolisme chronique), soit 5 comprimés de 500 mg répartis en prises espacées d’au moins 6 heures
  • Pour les enfants : la posologie dépend du poids (15 mg/kg par prise, sans dépasser 60 mg/kg par jour). Il est essentiel de respecter un délai d’au moins six heures entre chaque dose et de noter l’heure de la dernière prise.

Il faut également faire attention aux autres médicaments contenant du paracétamol : Doliprane codéiné, Fervex, Dolirhume… Demandez conseil à votre pharmacien.

Les signes d’un surdosage peuvent passer inaperçus : nausées, vomissements, douleurs, abdominales, pertes d’appétit… En cas de suspicion, consultez immédiatement un médecin ou appelez le 15 (SAMU). Bien que rares, d’autres effets indésirables peuvent survenir :

  • Réactions allergiques (éruptions cutanées, urticaire, œdème)
  • Troubles digestifs (nausées, douleurs abdominales)
  • Baisse du taux de plaquettes sanguines (thrombopénie), dans de très rares cas.
  • Le paracétamol peut interagir avec certains médicaments, notamment :
  • Les anticoagulants : risque accru de saignement.
  • Les médicaments contre l’épilepsie (phénytoïne, carbamazépine) : risque de surdosage en paracétamol.
  • L’alcool : la consommation régulière d’alcool augmente le risque de toxicité hépatique.

Quelles précautions suivre lorsqu’on prend du paracétamol ?

L’essentiel des précautions repose sur le respect de la posologie. Suivez les doses prescrites par votre médecin, sans dépasser la dose maximale quotidienne, et espacez les prises d’au moins 4 à 6 heures. Pour les enfants, suivez bien le dosage en fonction du poids, à l’aide de la pipette graduée et notez l’heure de la dernière prise. Lorsque vous déposez votre enfant à la crèche, chez la nourrice ou à l’école, informer la personne en charge. Enfin, vérifiez la composition de vos autres médicaments pour éviter les interactions ou le surdosage.
Dans certains cas, le traitement au paracétamol doit être adapté. Pendant la grossesse et l’allaitement, c’est le seul antalgique recommandé, mais il faut prendre la dose la plus faible possible, sur une durée limitée.

De même, en cas d’insuffisance hépatique ou rénale : il faut réduire les doses ou se tourner vers une alternative. Le médecin pourra
En cas de prise excessive de paracétamol (dépassement de la dose maximale ou prise accidentelle par un enfant), contactez immédiatement un centre antipoison ou composez le 15 (SAMU). Un antidote (la N-acétylcystéine) peut être administré en urgence pour limiter les lésions du foie.

FAQ

Le paracétamol peut-il provoquer de l’autisme ou des troubles du développement chez l’enfant ?

Non. Cette rumeur, qui circule sur les réseaux sociaux, n’est pas étayée par des preuves scientifiques. Plusieurs études épidémiologiques ont été menées pour évaluer un éventuel lien entre la prise de paracétamol pendant la grossesse et le risque d’autisme ou de troubles du développement chez l’enfant. À ce jour, aucun lien de causalité n’a été établi. Les autorités sanitaires, comme l’ANSM et l’OMS, considèrent que le paracétamol reste le médicament de choix pour soulager la douleur et la fièvre pendant la grossesse, à condition de respecter la posologie et la durée de traitement.

Le paracétamol est-il dangereux pour les reins ?

Le paracétamol est généralement bien toléré par les reins lorsqu’il est pris aux doses recommandées. Cependant, en cas de surdosage ou d’utilisation prolongée, il peut entraîner des lésions rénales. Les personnes souffrant d’insuffisance rénale doivent réduire la dose de paracétamol et consulter un médecin avant de le prendre.

Peut-on prendre du paracétamol en cas de COVID-19 ?

Oui. Le paracétamol est recommandé pour soulager les symptômes de la COVID-19, comme la fièvre et les douleurs musculaires. En revanche, évitez les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, aspirine), car ils pourraient aggraver l’infection. Respectez toujours la posologie maximale et consultez un médecin si les symptômes persistent.

Le paracétamol perd-il son efficacité avec le temps ?

Non, le paracétamol ne perd pas son efficacité avec le temps, à condition qu’il soit conservé dans de bonnes conditions (à l’abri de l’humidité et de la chaleur). Vérifiez toujours la date de péremption avant de prendre un médicament. Un paracétamol périmé peut être moins efficace ou, dans de rares cas, se dégrader en substances potentiellement toxiques.

Peut-on donner du paracétamol à un nourrisson ?

Oui, mais avec prudence. Le paracétamol est le seul antalgique recommandé pour les nourrissons et les jeunes enfants. La posologie dépend du poids de l’enfant (15 mg/kg par prise, sans dépasser 60 mg/kg par jour). Utilisez une forme adaptée (sirop, suppositoire) et un dispositif de mesure précis (pipette, seringue). En cas de doute, demandez conseil à votre pédiatre ou pharmacien.

Le paracétamol est-il compatible avec l’allaitement ?

Oui. Le paracétamol passe en très faible quantité dans le lait maternel et est considéré comme compatible avec l’allaitement. Cependant, privilégiez les doses les plus faibles possibles et sur une courte durée. Si vous devez prendre du paracétamol régulièrement, parlez-en à votre médecin.

Et la MCF ?

La MCF prend en charge les médicaments prescrits par un médecin et remboursés à partir de 30% par l’Assurance Maladie.

Sources :

Site de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament)

Site Ameli (Assurance Maladie)

Centre antipoison

© iStock

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