Aliments ultra-transformés : comment les limiter ?

Nutrition Aliments ultra-transformés : comment les limiter ?

Aliments ultra-transformés : comment les limiter ?

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Pratiques, goûtus, mais aussi salés, gras, sucrés : les aliments ultra-transformés sont partout, dans les rayons des supermarchés comme dans nos placards. Pourtant, ils peuvent avoir un impact néfaste sur notre santé et doivent donc être limités, voire remplacés par des alternatives plus saines. Comment les repérer et par quoi les substituer ?

Les aliments ultra-transformés, c’est quoi ?

On peut classer les produits alimentaires en plusieurs catégories. Les produits bruts, non transformés, sont des aliments qui n’ont pas subi d’autre transformation que leur conditionnement : légumes frais, céréales complètes, légumineuses, viandes crues… D’autres aliments ont subi des transformations d’origine naturelle : fromages, jambon cuit, chou fermenté… Les aliments ultra-transformés, en revanche, sont obtenus à l’aide de procédés industriels complexes qui modifient profondément leur structure et leur composition. Ils contiennent souvent des émulsifiants pour en modifier la texture, des conservateurs, des colorants, des sucres raffinés, des graisses hydrogénées ou des arômes artificiels. 

Pour les repérer, la classification Nova, développée par des chercheurs en nutrition, est une référence. Elle distingue quatre groupes d’aliments selon leur degré de transformation :

  • Groupe 1 : aliments non transformés ou transformés de manière minimale (fruits, légumes, viandes, œufs, lait, céréales…)
  • Groupe 2 : ingrédients culinaires transformés (huiles, beurres, sucres, sel fin…)
  • Groupe 3 : aliments transformés (conserves de légumes, fromages, pains traditionnels, poissons fumés…)
  • Groupe 4 : aliments ultra-transformés (plats préparés, sodas, biscuits industriels, céréales sucrées, nuggets, sauces toutes prêtes…).

En pratique, un produit appartient au groupe 4 s’il cumule plusieurs de ces caractéristiques : une liste d’ingrédients longue et difficile à comprendre pour le consommateur lambda, des additifs dont le nom correspond à un sigle (ex : E-…) ou encore un emballage marketing mettant en avant des allégations santé (“enrichi en vitamines”, “sans gluten”, “allégé”). Par exemple, un yaourt aux fruits aromatisé avec des morceaux reconstitués et des colorants entre dans cette catégorie, contrairement à un yaourt nature auquel on ajoute soi-même des fruits frais.

Une étude de l’ANSES a montré que les aliments ultra-transformés représentaient en moyenne 30 % des apports caloriques des Français, avec une consommation plus élevée chez les jeunes adultes et les ménages modestes. En effet, ces produits sont souvent peu onéreux, pratiques et appréciés pour leurs qualités gustatives : ils sont faits pour avoir du goût et être satisfaisants à consommer. Le marketing joue également un rôle majeur. Les emballages colorés, les slogans accrocheurs (“riche en fibres”, “source de calcium”, “sans sucres ajoutés”) et les promotions en tête de gondole donnent l’illusion d’un choix sain. Pourtant, ces allégations masquent souvent une réalité moins reluisante : un produit “sans sucres ajoutés” peut contenir des édulcorants, et un biscuit “riche en fibres” reste un biscuit industriel. 

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Pourquoi et comment limiter sa consommation d’aliments ultra-transformés ? 

Les aliments ultra-transformés posent plusieurs problèmes pour la santé des consommateurs. Leur consommation au quotidien augmente le risque de développer diabète de type 2, surpoids, obésité, maladies cardio-vasculaires et cancers, en raison de la présence de nombreux sucres, colorants potentiellement cancérigènes et graisses transformées. Il est donc important de limiter leur consommation, ce qui n’est pas toujours facile, car ils sont à la fois savoureux et pratiques. Il ne s’agit donc pas tant de les restreindre totalement, mais plutôt d’adopter des réflexes sains, progressifs et durables. 

Apprendre à lire les étiquettes

La première étape consiste à décrypter les listes d’ingrédients. Plus une étiquette est longue et remplie de termes incompréhensibles, plus le produit a de chances d’être ultra-transformé. Méfiance, par exemple, face aux noms en “E” (E250 pour le nitrite de sodium, E951 pour l’aspartame), aux huiles hydrogénées ou partiellement hydrogénées, aux sirops de glucose-fructose, ou aux arômes “naturels” – qui ne le sont pas toujours autant qu’on le croit. Un bon réflexe : si un ingrédient ne se trouve pas dans une cuisine traditionnelle, mieux vaut éviter le produit.

Les applications mobiles comme Yuka ou Open Food Facts peuvent aider à évaluer rapidement la qualité nutritionnelle d’un aliment. Elles attribuent une note en fonction de la composition et signalent la présence d’additifs controversés. Cependant, les nutritionnistes pointent du doigt plusieurs limites : ces applications peuvent parfois mal noter des produits sains comme le fromage et ne doivent pas se substituer à une réflexion personnelle sur notre alimentation. 

Privilégier les aliments bruts ou peu transformés

Remplacer les aliments ultra-transformés passe souvent par un retour aux bases. Plutôt que d’acheter une soupe en brique, pourquoi ne pas préparer une grande casserole de potage maison avec des légumes de saison, à congeler en portions ? Pour les conserves, les légumes surgelés nature (sans sauce ajoutée) sont une excellente alternative, tout comme les légumineuses en bocaux rincés à l’eau pour éliminer l’excès de sel. Pour les protéines, les œufs, le poisson frais ou surgelé, ou encore les morceaux de viande non préparés sont bien plus sains que les nuggets ou les cordons bleus.

Côté féculents, les pâtes complètes, le riz ou les pommes de terre vapeur valent mieux que les purées instantanées ou les plats de pâtes en sauce du commerce. Les céréales du petit-déjeuner peuvent être remplacées par du muesli maison (flocons d’avoine, fruits secs, graines) ou des tartines de pain complet avec une noisette de beurre ou de purée d’amandes. Même les desserts peuvent être revisités : une compote sans sucre ajouté maison, un yaourt nature avec des fruits frais, ou un carré de chocolat noir à 70 % minimum apportent autant de satisfaction qu’un dessert lacté industriel, sans les additifs.

Cuisiner plus, mais sans y passer des heures

Les plats les plus sains sont ceux que l’on prépare “maison”, à base de produits bruts : légumes frais, viande crue, oeufs… S’il n’est pas toujours facile de cuisiner des repas équilibrés au quotidien, quelques astuces peuvent faciliter l’organisation et la préparation des plats : 

  • Préparer des plats en grande quantité et les congeler en portions (soupes, gratins, lasagnes maison…). Il est possible de le faire le dimanche soir pour avoir plusieurs repas prêts pour la semaine. 
  • Utiliser des légumes déjà lavés et coupés (en sachet ou surgelés) pour gagner du temps.
  • Opter pour des cuissons simples : vapeur, papillote, poêle antiadhésive sans matière grasse ajoutée.
  • Prévoir des collations saines à portée de main : fruits frais, oléagineux non salés, fromage blanc nature.
  • Une cuisine facile passe aussi par un bon matériel : couteaux ergonomiques et bien aiguisés, planches à découper adaptées… Il est aussi possible d’investir dans des robots multifonctions pour se faciliter la tâche.

Réapprivoiser le goût des aliments naturels

L’un des défis quand on réduit les ultra-transformés, c’est de retrouver le plaisir des saveurs brutes. Après des années de consommation de produits hyper-sucrés, hyper-salés ou hyper-gras, les papilles mettent un peu de temps à s’adapter. Pourtant, en quelques semaines, le palais se rééduque : un fruit frais redevient sucré, une carotte râpée croquante, et une tranche de pain complet savoureuse sans beurre ni confiture.

Pour faciliter cette transition, on peut commencer par diminuer progressivement les quantités d’additifs. Par exemple, remplacer un soda par de l’eau pétillante avec une rondelle de citron, ou un yaourt aromatisé par un yaourt nature avec un peu de miel. Les épices et les herbes aromatiques (curcuma, paprika, basilic, persil…) sont aussi d’excellents alliés pour rehausser le goût des plats sans recourir au sel ou aux sauces industrielles.

Faire des choix malins au supermarché

Le lieu d’achat influence beaucoup nos habitudes. Pour limiter les tentations, quelques stratégies peuvent aider :

  • Faire une liste de courses et s’y tenir, pour éviter les achats impulsifs.
  • Privilégier les rayons périphériques du magasin (fruits et légumes, boucherie, poissonnerie, produits laitiers), où se trouvent les aliments bruts, plutôt que les allées centrales, remplies de produits transformés.
  • Comparer les prix au kilo plutôt qu’à l’unité : un paquet de lentilles sèches revient souvent moins cher qu’une boîte de lentilles en conserve, et se conserve plus longtemps.
  • Enfin, les livraisons de paniers de légumes ou les drives de produits frais peuvent être une solution pratique. 

© iStock

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