Santé mentale : d’où vient le mal-être au travail ?

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Santé mentale : d’où vient le mal-être au travail ?

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Stress chronique, épuisement professionnel, sentiment de dévalorisation ou encore isolement sont autant de symptômes qui touchent un nombre croissant de travailleurs. Les facteurs en cause ? Rythmes de travail intenses, insécurité économique, dégradation des relations au travail… On fait le tour des raisons qui expliquent le mal-être au travail. 

Des rythmes de travail trop difficiles à tenir, des délais serrés : le travail sous pression constante ?

Selon une étude de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) publiée en 2022, près de 44 % des travailleurs européens déclarent subir des cadences de travail trop élevées, avec des délais serrés et une charge mentale accrue. 

Par ailleurs, une enquête menée par Deloitte en 2023 révèle que les salariés reçoivent en moyenne 120 e-mails par jour, auxquels s’ajoutent les notifications des outils collaboratifs (Slack, Teams, etc.). Le cerveau, soumis à un flux continu d’informations, peine à récupérer, ce qui favorise le stress et l’anxiété. Les salariés se voient également imposer toujours plus de polyvalence et sont souvent amenés à cumuler plusieurs tâches simultanément, sans toujours disposer des compétences ou du temps nécessaires pour les accomplir correctement. Une étude de l’INSEE (2021) montre que 38 % des travailleurs français estiment ne pas avoir les moyens de réaliser leur travail de manière satisfaisante, ce qui génère un sentiment d’incompétence et de frustration. 

Enfin, aux rythmes de travail soutenus s’ajoutent la notion de double journée de travail : aux tâches professionnelles de femmes s’ajoute aussi le travail domestique. Ménage, organisation de la journée, relations avec l’école ou la crèche, aide aux devoirs sont autant de tâches majoritairement assumées par les femmes, qui ont poussé les féministes à parler de “deuxième journée”. Ce phénomène favorise la fatigue et le mal-être au travail. 

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Incertitude économique, inflation : la sécurité de l’emploi de plus en plus fragilisée

En France, une enquête de la DARES (2022) indique que 22 % des salariés occupent un emploi précaire (CDD, intérim, temps partiel subi). Ces travailleurs sont deux fois plus exposés au risque de dépression que ceux en CDI, selon une étude de l’INSERM (2021). D’autant plus que les salariés précaires sont davantage exposés aux horaires décalés ou aux conditions de travail difficiles.  

Par ailleurs, la stagnation des salaires face à l’inflation renforce ce sentiment de précarité. Selon l’OCDE (2023), le pouvoir d’achat des ménages a reculé de 3,5 % en moyenne en Europe depuis 2020, tandis que les exigences productives, elles, n’ont pas diminué. Cette dissonance entre effort fourni et reconnaissance financière alimente un sentiment d’injustice et de dévalorisation.

Un autre phénomène a renforcé la précarité dans certains emplois de services : l’ubérisation, qui se caractérise par la mise en contact de professionnels avec des clients, a absorbé certains emplois traditionnellement salariés. Là où les coursiers et livreurs pouvaient être salariés d’entreprise, ils sont maintenant majoritairement indépendants, avec tous les risques que cela implique : protection sociale moins importante, moins de congés, moins de droits sociaux. 

 

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La dégradation des relations sociales au travail et la fracture générationnelle

Une enquête de Malakoff Humanis (2022) montre que 54 % des salariés français estiment que leur travail est devenu plus solitaire qu’il y a dix ans. Le télétravail, par exemple, a favorisé ce phénomène en isolant les salariés. Selon l’INRS (2023), 30 % des télétravailleurs réguliers déclarent souffrir de solitude, avec des conséquences sur leur moral et leur motivation.

Dans les bureaux physiques, les espaces de discussion informels ont souvent disparu. Il y a moins d’occasions de se rencontrer ou d’échanger de manière spontanée. Pourtant, ces temps de pause sont essentiels et servent aussi à la productivité et à la créativité des équipes. Leur disparition progressive renforce l’isolement et donc le mal-être au travail. 

Le harcèlement est aussi une cause importante de mal-être au travail. Selon une enquête de l’Observatoire du stress au travail (2023), 42 % des salariés français ont déjà été victimes de comportements managériaux abusifs (harcèlement, humiliation, pression excessive). Si les pratiques évoluent depuis quelques années, notamment dans les grands groupes, le harcèlement peut être plus difficile à identifier dans les structures publiques. 

Enfin, l’arrivée sur le marché du travail de la génération Z, c’est-à-dire les jeunes nés entre 1997 et 2012, a vu émerger une fracture générationnelle avec les générations précédentes, notamment sur l’importance du travail dans la vie quotidienne. Des frictions, voire des difficultés managériales majeures, sont apparues et sont souvent source de stress et d’anxiété au travail. 

Le travail fait-il sens ?

Une étude de l’Institut Montaigne (2023) révèle que 58 % des actifs français estiment que leur travail n’a pas de sens, ou que ce sens s’est dégradé au fil des années. En effet, dans de nombreux secteurs (industrie, services, administration), les processus ont été rationalisés et standardisés à l’extrême, réduisant les marges de manœuvre des salariés. Une étude de l’ANACT (2022) montre que 47 % des travailleurs ont le sentiment de réaliser des tâches répétitives et dénuées d’intérêt.

Les salariés ont aussi du mal à trouver de l’utilité dans leur travail. Une enquête de McKinsey (2023) indique que 60 % des employés ne savent pas comment leur contribution s’inscrit dans la stratégie globale de leur entreprise.

De plus en plus de travailleurs, notamment les jeunes générations, attendent de leur emploi qu’il soit aligné avec leurs convictions (écologie, éthique, bien-être). Or, selon le Baromètre Edenred-Ipsos (2023), 72 % des salariés estiment que leur entreprise ne prend pas suffisamment en compte ces enjeux, ce qui génère un sentiment de trahison et de désengagement.

Vous vous sentez mal au travail ?

Vous vous sentez mal au travail ?

En cas de difficultés au travail, qu’elles soient d’ordre professionnel ou relationnel, il est essentiel de se faire aider. Plusieurs personnes peuvent vous soutenir : les représentants du personnel, les délégués syndicaux, les médecins du travail… Il est important de prévenir votre hiérarchie en cas de problème, en exposant très factuellement les soucis rencontrés et les conséquences sur votre bien-être au travail. Posez vos demandes dans un contexte collaboratif : l’important est de trouver des solutions tous ensemble pour se sentir mieux au travail !

 

© iStock

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