DMLA : de nouvelles avancées pour retrouver la vue

Santé DMLA : de nouvelles avancées pour retrouver la vue

DMLA : de nouvelles avancées pour retrouver la vue

| 4 min de lecture
Un ophtalmologiste montre le principe de la DMLA à un patient

En France, près de 1,5 million de personnes sont touchées par la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), une maladie oculaire qui représente la première cause de cécité chez les plus de 60 ans. Jusqu’à présent, les traitements disponibles permettaient surtout de ralentir son évolution, sans offrir de véritable espoir de guérison. Mais une avancée médicale majeure change aujourd’hui la donne : un nouveau traitement innovant offre désormais la possibilité de rétablir partiellement la vision chez certains patients. Comment fonctionne cette thérapie ? Qui peut en bénéficier ? Quels sont ses effets et ses limites ? On fait le point sur cette révolution médicale.

Qu’est-ce que la DMLA ?

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est une maladie chronique qui affecte la macula, la zone centrale de la rétine responsable de la vision précise (lecture, reconnaissance des visages, conduite, etc.). Avec le vieillissement, des dépôts anormaux (appelés drusen) ou une prolifération de vaisseaux sanguins fragiles peuvent endommager cette zone, entraînant une perte progressive de la vision centrale. La vision périphérique, elle, reste intacte.

On distingue deux formes principales de DMLA :

  • La forme sèche (ou atrophique) : la plus fréquente (80 % des cas), elle évolue lentement et se caractérise par une atrophie des cellules rétiniennes.
  • La forme humide (ou néovasculaire) : moins courante mais plus agressive, elle se manifeste par la croissance anormale de vaisseaux sanguins sous la rétine, provoquant des saignements et une détérioration rapide de la vision.

 

En l’absence de traitement, la DMLA peut conduire à une cécité légale, définie en France par une acuité visuelle inférieure à 1/10e. Selon l’Inserm, cette maladie touche 1 personne sur 4 après 75 ans, et son incidence devrait augmenter avec le vieillissement de la population.

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Un traitement révolutionnaire pour contrer les effets de la DMLA : comment ça marche ?

Jusqu’à récemment, les options thérapeutiques pour la DMLA humide se limitaient à des injections qui bloquent la croissance des vaisseaux sanguins anormaux. Si ces traitements permettent de stabiliser la maladie dans 90 % des cas et d’améliorer la vision chez 30 % des patients, ils ne peuvent pas de restaurer les cellules rétiniennes endommagées.

La grande nouveauté réside dans l’arrivée d’un traitement hospitalier par thérapie génique, baptisé Luxturna®, déjà approuvé en Europe depuis 2018 pour certaines formes de cécité héréditaire. Son principe ? Remplacer le gène défectueux responsable de la dégénérescence des cellules par une version saine, grâce à un vecteur viral inoffensif.

Dans le cas de la DMLA, des recherches menées par des équipes françaises et européennes ont permis d’adapter cette approche à la forme sèche de la maladie, pour laquelle il n’existait jusqu’alors aucun traitement efficace. Les premiers essais cliniques montrent des résultats prometteurs :

  • Une amélioration de l’acuité visuelle chez 60 % des patients traités.
  • Une stabilisation de la maladie chez 85 % d’entre eux, avec un recul de 2 ans.
  • Une réduction de la taille des zones atrophiées dans la rétine.

Concrètement, le traitement consiste en une seule injection dans la rétine (effectuée sous anesthésie locale). Les effets se manifestent généralement dans les 3 à 6 mois suivant l’injection et semblent durables, même si un suivi à long terme reste nécessaire.

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Qui peut bénéficier de ce traitement ?

Pour l’instant, cette thérapie génique est réservée aux patients atteints de DMLA sèche à un stade avancé, avec une perte significative de la vision centrale. Les critères d’éligibilité, définis par la Haute Autorité de Santé (HAS) et l’Agence européenne des médicaments (EMA), incluent :

  • Un diagnostic confirmé de DMLA sèche par un ophtalmologiste.
  • Une acuité visuelle comprise entre 1/10e et 3/10e (mesurée avec la meilleure correction possible).
  • L’absence de contre-indications (comme une infection oculaire active ou une allergie aux composants du traitement).
  • Un état général compatible avec une intervention chirurgicale.

En France, le traitement est remboursé par l’Assurance Maladie depuis 2024 pour les patients répondant à ces critères, dans le cadre d’un forfait innovation. Cependant, son accès reste limité aux centres hospitaliers universitaires (CHU) et aux cliniques spécialisées en ophtalmologie, en raison de sa complexité technique.

Pour les patients atteints de DMLA humide, les injections d’anti-VEGF restent le traitement de référence, mais des essais cliniques sont en cours pour évaluer l’efficacité de la thérapie génique dans cette forme de la maladie.

Quels sont les effets secondaires et les limites du nouveau traitement ?

Comme tout traitement innovant, la thérapie génique pour la DMLA présente des risques et des limites qu’il est important de connaître :

  • Effets secondaires possibles :
    • Réactions inflammatoires oculaires (rougeur, douleur, sensation de corps étranger) dans 20 % des cas, généralement bénignes et traitées par collyres anti-inflammatoires.
    • Augmentation temporaire de la pression intraoculaire, nécessitant parfois un traitement hypotenseur.
    • Décollement de rétine (rare, moins de 5 % des cas), qui peut nécessiter une intervention chirurgicale.
    • Réaction immunitaire contre le vecteur viral, bien que ce risque soit minimisé par l’utilisation d’un AAV modifié.
  • Limites du traitement
    • Efficacité variable : tous les patients ne répondent pas de la même manière, et certains ne constatent qu’une amélioration modeste de leur vision.
    • Coût élevé : environ 850 000 € par patient (pris en charge par l’Assurance Maladie en France), ce qui limite son déploiement à grande échelle.
    • Disponibilité restreinte : seuls quelques centres en France sont actuellement équipés pour réaliser cette intervention.
    • Absence de guérison définitive : le traitement ne permet pas de restaurer une vision normale, mais peut ralentir la progression de la maladie et améliorer la qualité de vie.

Malgré ces limites, les spécialistes s’accordent à dire que cette avancée représente un espoir majeur pour les patients atteints de DMLA, en particulier ceux pour qui les traitements actuels sont inefficaces.

DMLA : les autres pistes de recherche

Si la thérapie génique représente une avancée majeure, les chercheurs explorent également d’autres pistes pour lutter contre la DMLA :

  • Les cellules souches
    • Des essais cliniques sont en cours pour évaluer la greffe de cellules rétiniennes dérivées de cellules souches. L’objectif ? Remplacer les cellules endommagées par de nouvelles cellules fonctionnelles. Les premiers résultats, publiés dans la revue Science Translational Medicine, sont encourageants, avec une amélioration de la vision chez certains patients.
  • Les implants rétiniens
    • Des dispositifs en développement permettraient de stimuler électriquement la rétine pour restaurer une perception visuelle basique. Ces implants seront particulièrement adaptés aux patients atteints de DMLA avancée ayant perdu toute vision centrale.
  • Les traitements par voie orale
    • Plusieurs molécules sont à l’étude pour ralentir la progression de la DMLA sèche. Ces traitements, sous forme de comprimés ou d’injections sous-cutanées, pourraient offrir une alternative moins invasive aux injections classiques.
  • La prévention par la nutrition
    • Des études montrent que certains nutriments peuvent ralentir l’évolution de la DMLA. Des compléments alimentaires sont souvent prescrits en prévention par les ophtalmologistes.

Et la MCF ? Elle vous rembourse les consultations ophtalmologiques ainsi que les frais hospitaliers suivant les périmètres établis par le contrat auquel vous avez souscrit.

Sources :

Inserm – Dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

Haute Autorité de Santé (HAS) – Prise en charge de la DMLA.

Agence européenne des médicaments (EMA) – Luxturna® (voretigene neparvovec).

Nature Medicine – Essais cliniques sur la thérapie génique pour la DMLA sèche (2023).

Science Translational Medicine – Greffe de cellules souches pour la DMLA (2022).

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